Belcastel,
un lieu élu pour les émotions de l'âme

BelcastelAu début du XXe siècle on ne pouvait accéder au village de Belcastel que par des chemins difficiles, après avoir découvert, sur le roc vertigineux qui dominait les pauvres maisons du village, les restes encore formidables du château fort entièrement ruiné.

 

La vidéo de l'émission "Des racines et des ailes" (France 3)

BelcastelLe château fort, après avoir appartenu à diverses familles était devenu, durant la guerre de cent ans, le repaire d’une compagnie de routiers qui écumaient les campagnes environnantes. La famille de Saunhac, qui en était alors propriétaire put le récupérer après l’anéantissement des hors la loi qui l’avaient occupé durant plusieurs années. Son chef, Alzias, proche de la Maison d’Armagnac, était, en dépit de son jeune âge, investi de missions officielles. En dépit de ses charges, il tint à embellir et à moderniser le fief dont il avait hérité, et duquel il s’estimait responsable. Il fit notamment construire le pont qui,  en unissant les deux berges de l’Aveyron permit de prolonger le bourg sur la rive droite, et d’y bâtir l’église paroissiale. Ce petit joyau d’architecture, élevé en un temps où la rudesse romane cédait la place aux hardiesses du style ogival, si injustement qualifié de gothique, permit aux habitants du village d’entendre la messe dans un sanctuaire accueillant, en place de la chapelle basse du château, obscure, humide et malsaine. Son attachement au village dont il considérait les habitants comme des frères et non comme des manants, se manifesta par son souhait, clairement exprimé d’y être inhumé à l’expiration de sa vie terrestre. Cette volonté fut évidemment respectée. Son tombeau est placé dans un enfeu décoré de ses armes, qui sont également sculptées sur la clé de voûte. Une statue le représente revêtu de son armure, sur un sarcophage de pierre, le socle étant orné de bas reliefs qui l’évoquent, avec son épouse Béatrix d’Ampiac.

BelcastelVers 1600, l’autorité des Saunhac s’étendait sur plus de cinquante domaines, certains, d’ailleurs, presque abandonnés. Entré par mariage dans la famille Bournazel en 1792, le château cessa d’être habité dès 1788. Le délabrement, aggravé par les intempéries et la vigueur de la végétation s’aggravait inexorablement. Vers 1900, l’édifice totalement ruiné servait de carrière de pierres à des bâtisseurs peu scrupuleux, mais les pauvres maisons du village étaient également affectées par cette lente déchéance. En dépit de quelques tentatives le destin de l’antique forteresse, paraissait définitivement scellé. Or, en 1974, Fernand Pouillon, qui, alors âgé de soixante-deux ans pouvait être considéré comme un des plus grands architectes de son temps en dépit des calomnies et du procès injuste dont il avait été la victime, acheta la colossale ruine qu’il avait récemment découverte, et en entreprit immédiatement la restauration avec le concours des ouvriers qu’il avait formés lors de ses longs séjours en Afrique du nord. Les moins prévenus des observateurs estimaient une telle tâche absolument impossible à réaliser. Il devait cependant y parvenir, grâce au dévouement et à l’active bonne volonté de tous les collaborateurs qu’il s’était attaché, mais également de l’ensemble de la population du village qui le regardait comme un de ces génies orientaux capables de faire surgir des palais du néant. Cette extraordinaire initiative avait évidemment encouragé les espoirs des habitants du village qui, forts de son exemple, s’employèrent, avec l’aide de son Maire Claude Cayla et de sa municipalité de l’époque, à redonner vie à l’ensemble du bourg en restaurant les maisons particulières et les institutions collectives. Les manifestations organisées autour de la Maison du Patrimoine, autour du château et plus récemment, l’inauguration de la maison de la forge et des anciens métiers en témoignent. Fernand Pouillon devait décéder peu après l’achèvement de l’œuvre surhumaine qu’il avait entreprise et menée à bien au cours des dix dernières années. Il repose dans le cimetière de ce petit bourg qui existe aujourd’hui grâce à tout ce qu’il lui a apporté. Mais il ne s’agit pas d’un village–musée. Des artistes contemporains lui apportent  leur caution, tels Casimir Ferrer, auteur d’un extraordinaire Chemin de croix exposé dans l’église, et tous ceux qui participent aux expositions périodiques. Grâce à toute sa population, Belcastel est vraiment un des plus beaux villages de France.

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